Qui suis-je?

bertrand gimonet pour la prévention du syndrome du bébé secoué

Je suis Bertrand, le papa de 4 enfants dont Tom, mon 2ème est décédé dû à des maltraitances connues sous le nom du Syndrome du Bébé Secoué. Mon fils, à l’âge de 4 mois, a été secoué à 3 reprises par sa nouvelle assistance maternelle. Le 29 septembre 2014, Tom fut secoué pour la 3ème fois provoquant un arrêt cardio-respiratoire. J’ai vu mon fils habillé d’une simple couche sur la table basse, un pompier lui faisant un massage cardiaque. Un miracle? La volonté de Tom? Je ne sais trop dire mais il s’est mis à nouveau à respirer. La vie l’a retrouvé! Il est envoyé au CHU de Besançon dans un coma avancé.

Le dimanche 12 octobre, le verdict tombe, son cerveau est détruit à 100% des suites du secouement et de l’arrêt cardiaque.   Nous décidons de l’accompagner dans son dernier voyage… Je l’ai vu lutter pour continuer à respirer… son coeur s’est éteint, Tom « le bienheureux » est devenu un ange.

Me voilà dans cette nouvelle vie où maintenant je dois apprendre à vivre avec. Des années de montagnes russes émotionnelles, 4 ans à attendre le procès afin d’avoir toutes les réponses…que je n’ai pas eu. 4 ans à attendre pour voir cette Béatrice condamnée seulement à 7 ans de prison et 5 ans d’interdiction d’exercer.

Attendre un signe de lui? Comment n’ai-je pas pu éviter ce drame? Comment se reconstruire après le deuil? Impossible de répondre même aujourd’hui à ces questions. De cette naissance, je me suis découvert plus combattant que jamais, aimant la vie et désireux de prouver que la vie peut naître à nouveau d’un tel drame. 

Depuis plusieurs années, donner du sens à la mort de mon fils « Tom le bienheureux » pour éviter qu’une autre victime soit touchée par le syndrome du bébé secoué est devenu une évidence. A chacun d’apporter sa pierre à l’édifice pour sauver au moins une vie et faire prendre conscience que la maltraitance infantile ne doit plus être taboue. Ce rêve peut-il devenir une réalité? Y croire est déjà gage de victoire. Mais que d’efforts il faut faire pour que cette société considère la vie d’un bébé comme ayant la même valeur que celle d’un adulte.

« Ils savaient que c’était impossible mais ils l’ont fait ». Ce n’est que depuis sa mort que j’ai compris qu’il est possible de faire bouger des montagnes et que rien n’est impossible!

Au fil des années et des rencontres avec des professionnels de santé et de la petite enfance, je me suis spécialisé dans ce syndrome du bébé secoué. Je consacre mon temps à faire de la prévention et à travailler avec les pouvoirs publiques.