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Sage femme et prévention du bébé secoué

Aujourd’hui, je souhaite mettre à l’honneur Justine, une « sage femme » en libérale. La profession des sages femmes fait partie de ses professionnels de santé jouant un rôle clef dans la prévention du syndrome du bébé secoué.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Justine Follet, actuellement sage-femme libérale sur Mulhouse. Je suis sage-femme depuis 2012. J’ai fait de l’hospitalier pendant 7 ans et du libéral depuis 3 ans.

Pourquoi choisir les études de sages-femmes ?

J’ai choisi sage-femme, car j’avais envie au lycée de choisir un métier en relation avec les gens et en rapport avec la santé. J’avais envie d’être sur le terrain, dans la vraie vie. Sage-femme m’a plu car il y a une certaine indépendance. En même temps, je ne voulais pas faire 10 ans d’études.

Pendant vos études , avez vous eu des informations sur le SBS? Cela vous semblait-il suffisant? si non, comment avez vous eu les informations sur le SBS?

Nous avons eu des cours de pédiatrie et le syndrome du bébé secoué a été évoqué mais malheureusement en 1 heure grand maximum. La formation était beaucoup trop orientée clinique. J’aurai aimé que cette maltraitance soit traitée sur le thème de la prévention. Par exemple, quels sont les signes d’alerte? Quels sont les facteurs à risque et comment un adulte peut être amené à secouer un enfant ?   Finalement, j’ai appris beaucoup avec la visioconférence faite avec vous.

Quels sont les sujets importants abordés pour les jeunes parents en dehors du SBS?

La sage femme aborde entre autre avec les parents les thèmes suivants :

  • l’alimentation,
  • les soucis digestifs,
  • le rythme du nouveau-né (sommeil, éveil),
  • les pleurs.

Mais notre profession est également présente pour la mère post-accouchement, soient : la rééducation du périnée, suivi gynécologique de base, de la contraception, des frottis…

Notre formation nous permet de suivre les jeunes femmes de 14 ans aux femmes ménopausées.

Grace au PRADO (service dédié au suivi du patient à domicile après son hospitalisation) je suis les jeunes mamans à domicile pour le suivi de la grossesse. Je considère cette activité comme essentielle. Elle permet d’être au cœur des préoccupations des parents et répondre à leurs questions. 

Comment, quand et où est ce que vous abordez le sujet du syndrome du bébé secoué ?

Je l’aborde en cours de préparation à la naissance, j’ai une séance sur le post partum. J’explique que cette période peut être difficile, qu’on peut se sentir seul, l’importance de l’entourage, d’avoir des personnes ressources de passer le relais… Je l’aborde aussi au retour à la maison, selon les questions et en montrant le carnet de santé. J’en parle selon le cas en séance de rééducation du périnée.
 

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez?

En pré-accouchement, je sens que les gens ne sont pas assez réceptifs. Ils m’écoutent mais ne me comprennent pas vraiment. 
 
En post-accouchement, ils sont des fois plus à l’écoute, mais il y a tellement d’informations à la seconde que ce n’est pas évident. Puis, des fois, c’est la façon d’aborder les choses qui est difficile. Comment aborder le thème du bébé secoué et sous quel angle?

En fait, on s’adapte beaucoup à la personne en face de soi. Je trouve ça très important, que la sage- femme soit présent en pré-accouchement et en post-accouchement, car du coup, les parents nous connaissent, nous font confiance et ose aborder des sujets plus sensibles avec nous.
 
Lors de ces entretiens, il faut avoir du concret à proposer. Avoir des visuels pour être interpellant est plus que nécessaire. Il est important de ne pas culpabiliser les parents pour être entendu. Montrer qu’en s’occupant de notre bébé normalement. Les gestes de la vie quotidienne  ne provoque pas les symptômes du bébé secoué.
 
Un groupe de maman et de papa serait utile pour partager les problèmes, échanger sur les difficultés et s’échanger des numéros utiles. Après la naissance, les couples se sentent seuls. L’arrivée d’un bébé est magnifique mais la société fait vite oublier la réalité : les enfants ne naissent pas avec un mode d’emploi et cela peut être très épuisant.

Comment les parents réagissent-ils que vous aborder le SBS ?

ils ne se sentent pas toujours concernés. Ils ont l’impression que c’est lointain.

Quels messages sont passés ?

Passez le relais,  je leur répète et répète, oser demander de l’aide et passer le relais. J’aime beaucoup une phrase qui dit « Je fais de mon mieux dans le respect de moi même avec les cartes de l’instant ». Je leur répète beaucoup que si ils font au mieux en temps que parents, ils ne feront rien de mal.

Sentiment d'être un plus dans la prévention?

C’est important d’être dans la prévention. Je leur parle beaucoup de clignotant aussi:

« un clignotant ca va, deux c’est compliqué »
 
Il faut mieux être toujours dans le « avant » et dans la prévention que dans le « après » et dans l’action.
 

Un exemple de cas SBS vécu? Est ce que le COVID a été un frein pour votre activité?

Non, pas de cas de syndrome du bébé secoué. le COVID un frein? Au contraire, en tant que sage-femme, j’ai été beaucoup sollicité notamment lors du 1 er confinement, car peu de pédiatres disponibles et la PMI (Protection Maternelle Infantile) pas présente.. Les gens avaient peur d’aller à l’hôpital. J’ai reçu beaucoup de demandes d’accouchement à la maison pendant le 1er confinement, mais tous se sont finalement déroulés à la maternité.
 

Avec le COVID, avez vous constaté une explosion de questions des parents sur la gestion du stress, des pleurs ou de cas de bébés secoués, ou autres? Des conseils à donner pour les parents pendant cette période difficile?

La Covid a déclenché du stress, le stress d’être dangereux, de contaminer son bébé. Du coup, des couples ont moins vu leurs proches et se sont donc plus isolés. Ca, c’est difficile, car on a besoin d’être entourés et soutenus dans son rôle de parents. Les gens ont fait au mieux, mais il y a plus de difficultés je trouve, de se sentir seul ou isolé, c’est un facteur de risque selon moi.

 

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